La conclusion d’un contrat de séjour ne place pas, pour autant, son bénéficiaire en situation de co-contractant vis-à-vis du CCAS
Auteur : Régis CONSTANS
Publié le :
11/07/2017
11
juillet
juil.
07
2017
Dans une affaire jugée récemment, le Conseil d’Etat est venu infirmer la position des juges du fond sur le terrain de la responsabilité applicable relativement au signataire d’un contrat de séjour conclu avec un CCAS.
Mme B. avait signé avec le CCAS de Quimper un contrat de séjour pour la prise en charge d’une prestation d’aide à domicile. Lorsque Mme B. a fait une chute, elle a demandé au tribunal administratif de Rennes de condamner le CCAS à en réparer les conséquences. Sa requête a été rejetée et ce jugement a été confirmé par la cour administrative d'appel de Nantes, sur appel de Mme A., ayant droit de Mme B.
Saisi à son tour, le juge de cassation annule l’arrêt qui lui était soumis, au motif « que la prise en charge d'une prestation d'aide à domicile par un centre communal d'action sociale, établissement public administratif en vertu des dispositions de l'article L. 123-6 du code de l'action sociale et des familles, a le caractère d'un service public administratif ; que les usagers de ce service public ne sauraient être regardés comme placés dans une situation contractuelle vis-à-vis de l'établissement concerné, alors même qu'ils concluent avec celui-ci un " contrat de séjour " ou qu'est élaboré à leur bénéfice un " document individuel de prise en charge ", dans les conditions fixées par l'article L. 311-4 du même code ; que le moyen tiré de ce qu'un litige opposant un tel service public administratif à un de ses usagers ne peut être réglé sur un fondement contractuel est relatif au champ d'application de la loi et est, par suite, d'ordre public ».
Le Conseil d’Etat arrive donc à la conclusion « qu'en réglant le litige opposant Mme A., ayant droit de Mme B., au centre communal d'action sociale de Quimper sur le fondement de la responsabilité contractuelle de cet établissement, en application du " contrat de prise en charge " signé par son vice-président et par Mme B., la cour administrative d'appel de Nantes a méconnu le champ d'application de la loi ».
(CE, 5 juillet 2017, Mme A., n° 399977)
Pour résumer, le Conseil d’Etat a jugé qu’en dépit de l’existence d’un « contrat » de séjour la prévoyant, la prise en charge d’une prestation d’aide à domicile par un CCAS a le caractère d'un service public administratif qui interdit de regarder l’usager comme placé dans une situation contractuelle vis-à-vis de l'établissement concerné. Dès lors, un litige entre cet usager et le CCAS ne peut pas être réglé sur un fondement contractuel.
Cette décision est riche d’enseignements en ce qu’elle écarte le régime de la responsabilité contractuelle, alors même que l’on est en présence… d’un contrat de séjour. Il s’agit d’un nouvel exemple des pseudos contrats que l’on retrouve souvent en droit administratif.
Historique
-
La conclusion d’un contrat de séjour ne place pas, pour autant, son bénéficiaire en situation de co-contractant vis-à-vis du CCAS
Publié le : 11/07/2017 11 juillet juil. 07 2017RESPONSABILITÉDans une affaire jugée récemment, le Conseil d’Etat est venu infirmer la po...
-
Un praticien hospitalier dont le contrat se poursuit au-delà de six ans ne bénéficie pas, pour autant, d’une requalification en CDI… en revanche, lors du non-renouvellement de son CDD, son indemnisation sera évaluée comme s’il avait été licencié en CDI
Publié le : 05/07/2017 05 juillet juil. 07 2017FONCTION PUBLIQUEParfois les raisonnements juridiques sont qualifiés de byzantins et, parfoi...
-
Atelier VPNG & associés du 23 juin 2017 : Actualités législative, réglementaire et jurisprudentielle de la fonction publique
Publié le : 26/06/2017 26 juin juin 06 2017FONCTION PUBLIQUEAtelier VPNG & associés du 23 juin 2017 : Actualités législative, réglement...
-
La transmission au Préfet d’une décision de préemption prise par une Société d’Economie Mixte dans le cadre d’une concession d’aménagement est-elle une condition de sa légalité ?
Publié le : 21/06/2017 21 juin juin 06 2017ACQUISITIONS FONCIÈRESLa question de la légalité des décisions de préemption est au cœur de l’act...
-
La notification de la décision de préemption à l’acquéreur évincé, dans les deux mois à compter de la réception de la DIA, est-elle une condition de sa légalité ?
Publié le : 20/06/2017 20 juin juin 06 2017ACQUISITIONS FONCIÈRESLa question de la notification des décisions de préemption à l’acquéreur év...
-
Vers une mise en concurrence des conventions et autorisations d'occupation du domaine public
Publié le : 02/06/2017 02 juin juin 06 2017COMMANDE PUBLIQUEUne ordonnance n°2017-562 du 19 avril 2017 relative à la propriété publique...
-
Des précisions jurisprudentielles quant à la licéité des périodes d’essais pour les agents contractuels
Publié le : 02/06/2017 02 juin juin 06 2017FONCTION PUBLIQUEDans un arrêt de 2012, le Conseil d’Etat (CE, 26 novembre 2012, n° 347575)...
-
L’agent qui reçoit une double notification d’une décision en mains propres et par voie postale est susceptible d’être induit en erreur sur les délais de recours.
Publié le : 17/05/2017 17 mai mai 05 2017CONTENTIEUXDROIT DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALESPar un arrêt n°396279 du 10 mai 2017, le Conseil d’Etat a annulé un arrêt d...
-
L’obligation d’information du patient des risques d’utilisation d’une technique nouvelle va jusqu’à devoir reconnaître que l’on n’en connait pas tous les risques
Publié le : 15/05/2017 15 mai mai 05 2017RESPONSABILITÉPour éviter que le patient ne se heurte à de sérieuses déconvenues après av...
-
Attention à la balle !
Publié le : 27/04/2017 27 avril avr. 04 2017DROIT DES OBLIGATIONSL'on sait qu'en application de la responsabilité du fait des choses de l'ar...
-
La production par une commune du protocole transactionnel par lequel un requérant s’engage à se désister de l’instance en cours permet au juge administratif de considérer que le requérant s’est désisté et d’en donner acte
Publié le : 13/04/2017 13 avril avr. 04 2017CONTENTIEUXDe plus en plus souvent, selon l’incitation donnée par les pouvoirs publics...
-
L’installation d’une crèche de la nativité dans l‘hôtel de ville de Béziers en décembre 2014 était bien illégale
Publié le : 06/04/2017 06 avril avr. 04 2017CONTENTIEUXDROIT DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALESPour faire suite à l’évolution de la jurisprudence relative aux crèches ins...
-
L’analyse innovante de la jurisprudence administrative quant à l’imposition des gains de joueurs de poker
Publié le : 24/03/2017 24 mars mars 03 2017DROIT PUBLIC ÉCONOMIQUELes gains réalisés à l'occasion de jeux, même pratiqués de manière habituel...
-
Précisions sur le délit de négligence de l’élu local
Publié le : 08/03/2017 08 mars mars 03 2017DROIT PÉNALVIE POLITIQUELa chambre criminelle de la Cour de Cassation était saisie d’un pourvoi par...
-
Erreur dans la notification des voies de recours : le délai d'appel ne court pas
Publié le : 07/03/2017 07 mars mars 03 2017CONTENTIEUXLe Conseil d'Etat est venu affirmer dans un arrêt n°395184 du 22 février 20...